Sylvain Camos - EMA Events - Trop Humain
Intro
Sylvain Camos est le fondateur d'EMA Events, agence événementielle dijonnaise créée en 1993. Chef d'entreprise autodidacte, ancien photographe et voyageur dans l'âme, il raconte un parcours construit par l'observation, la prise de risque et le goût des rencontres.
Dans cet épisode de Trop Humain, il revient sur la naissance d'EMA, les grandes secousses qui ont marqué son entreprise, l'évolution du métier d'événementiel et la place que l'intelligence artificielle peut prendre lorsqu'elle reste au service de l'humain.
De l'œil du photographe à l'événementiel
Avant EMA Events, Sylvain Camos a commencé comme photographe, dès l'âge de 17 ans. Mariage, mode, gastronomie, décoration, presse : cette première vie professionnelle lui a appris à regarder les lieux, les gens et les détails avant de construire une mise en scène.
Cet œil de photographe reste au cœur de son métier actuel. Pour lui, l'événementiel consiste à observer une situation, comprendre une intention, puis créer un univers propre à chaque dossier. Chaque événement doit avoir sa logique, son rythme et sa mémoire.
EMA Events, une entreprise née dans les années 90
EMA signifiait à l'origine Événement Marketing Action. L'entreprise naît dans une époque où le mot “événementiel” parle encore peu au grand public. Sylvain se lance pourtant sur ce marché, d'abord avec une intuition, puis avec une capacité à structurer des opérations de plus en plus ambitieuses.
L'épisode revient aussi sur l'identité de l'agence : la panthère noire ailée, inspirée de Bagheera et de l'éphémère, symbole d'un métier de l'ombre qui crée des moments intenses, visibles quelques heures ou quelques jours, puis démontés dans la foulée.
Résister aux crises : 2001, redressement et Covid
L'histoire d'EMA Events n'est pas linéaire. Après les attentats de 2001, l'entreprise perd brutalement une partie de son activité liée aux centres commerciaux. Sylvain raconte le redressement judiciaire, les dettes, le regard des autres et cette phrase qui l'a marqué : on a le droit de perdre un match, à condition de comprendre pourquoi.
Le Covid a ensuite frappé de plein fouet un métier fondé sur le rassemblement. Dix-huit mois d'inactivité, des événements annulés en chaîne, l'idée absurde que tout pourrait devenir digital : Sylvain rappelle que l'événementiel est d'abord un métier humain, fait de présence, de convivialité et de liens réels.
Prestataire, producteur, créateur de moments
EMA Events intervient sur des opérations très différentes : campagnes présidentielles, conventions, événements sportifs, Cité internationale de la gastronomie et du vin, Altaïa à Dijon, marchés de Noël, festival de musique à Courchevel ou encore projets liés à l'innovation.
Sylvain distingue clairement la prestation et la production. Répondre à un cahier des charges n'est pas la même chose que porter une idée, investir, prendre le risque financier et construire un événement de bout en bout. Cette logique de production engage l'agence différemment, avec plus de responsabilité et plus de liberté créative.
Créativité, humain et intelligence artificielle
Pour Sylvain, l'épine dorsale de l'événementiel reste la créativité. Sans créativité, il n'y a pas d'événement : il faut réinventer, surtout pour les clients fidèles qui reviennent année après année avec des attentes nouvelles.
Son regard sur l'IA est direct : c'est un outil extraordinaire, un compagnon de performance, mais pas un substitut à l'intelligence humaine. EMA l'utilise pour brainstormer, produire des rendus, accélérer certains travaux et mieux préparer les projets. Mais celui qui donne l'ordre, formule le prompt et garde l'intention, c'est l'humain.