Christian Allex - Golden Coast Festival Dijon - Trop Humain
Intro
Christian Allex est directeur général du Golden Coast, festival dijonnais devenu en seulement trois ans l'un des grands rendez-vous du rap français. De ses débuts dans le milieu associatif à la co-direction de Please Please Familyy, il raconte la fabrication d'un événement musical ambitieux, ancré à Dijon et pensé pour durer.
Dans cet épisode de Trop Humain, il revient sur la croissance fulgurante du festival, son installation au Parc de la Combe à la Serpent, l'impact économique pour le territoire et l'ambition de construire une expérience capable de marquer durablement une génération.
Golden Coast, un festival installé à Dijon
Le Golden Coast s'est imposé très vite sur son site actuel. Le déménagement au Parc de la Combe à la Serpent s'est joué en quelques mois, avec une contrainte forte : transformer un lieu en véritable terrain de festival, tout en anticipant son évolution sur les dix prochaines années.
Christian détaille cette logique d'aménagement progressif : penser les flux, l'accueil du public, la circulation des équipes, l'expérience spectateur et la capacité du site à grandir sans perdre son identité. Le festival n'est pas seulement une programmation ; c'est une infrastructure vivante, à construire édition après édition.
L'envers du décor économique
Organiser un festival de cette ampleur, c'est porter un business plan atypique : des mois de préparation pour quelques jours d'exploitation où tout se concentre. Billetterie, production, partenaires, sécurité, technique, restauration, artistes : chaque décision pèse lourd, car l'équilibre financier se joue sur une fenêtre très courte.
L'épisode met aussi en lumière l'impact local du Golden Coast, estimé à plusieurs millions d'euros pour Dijon. Au-delà de la scène, le festival active toute une chaîne économique : prestataires, hôtellerie, transport, restauration, emplois saisonniers et attractivité du territoire.
Une organisation très humaine
Derrière l'événement, il y a une mécanique collective impressionnante : une équipe structurée autour de dizaines de responsables, qui s'élargit jusqu'à plusieurs milliers de professionnels et centaines de bénévoles pendant le festival. La réussite repose autant sur les process que sur la confiance, l'engagement et la capacité à faire travailler ensemble des profils très différents.
Christian insiste sur l'importance des rencontres dans ce métier. La production de spectacles reste un univers de réseau, d'instinct, d'opportunités et de discussions directes. La technologie aide, mais elle ne remplace pas la qualité des liens humains.
IA, création et responsabilité
L'intelligence artificielle fait partie des outils utilisés au quotidien, notamment pour structurer des dossiers, accélérer certaines tâches de création graphique ou gagner du temps sur la préparation. Mais Christian garde une ligne claire : l'IA doit rester un appui, pas devenir un filtre qui standardise les échanges ou appauvrit la spontanéité.
L'épisode aborde également les engagements RSE du festival : toilettes 100 % sèches, recours au gaz vert, état des lieux écologique de la faune et de la flore, et réflexion sur l'empreinte environnementale globale d'un grand événement musical.
Vision culturelle et transmission
Pour l'édition 2026, le Golden Coast entre dans une phase d'affirmation : consolider son modèle, chercher l'équilibre financier et continuer à écrire une histoire culturelle forte à Dijon. Christian formule une ambition simple et puissante : participer à créer les souvenirs musicaux de la jeune génération.
La discussion ouvre aussi sur l'évolution du hip-hop, notamment la place des femmes dans un univers encore exigeant et parfois déséquilibré. À travers des figures comme Aya Nakamura ou Shay, l'épisode rappelle que les icônes féminines doivent souvent en faire plus pour s'imposer, alors même qu'elles transforment profondément la scène.